L’APF France handicap a organisé une session de sensibilisation à l'accessibilité mercredi 29 mai à Saint-Juéry, dans le Tarn. La Dépêche du Midi a fait le tour de la ville en fauteuil roulant pour observer les difficultés rencontrées au quotidien.

« Avant de monter sur le fauteuil, toujours vérifier que les freins sont bien enclenchés pour ne pas finir dans le décor. » Frédéric Germain, responsable accessibilité de France handicap, donne les consignes de sécurité avant de partir faire le tour de Saint-Juéry, dans le Tarn, dans un fauteuil roulant.

Départ place Marie Curie. Après seulement quelques mètres, je me prends déjà un caillou dans la roue qui me déséquilibre. Un premier obstacle parmi tant d’autres.

Au bout de dix minutes, je commence à prendre en main le fauteuil. Seul problème, je me déporte constamment sur la gauche. « C’est à cause du dénivelé, réagit Frédéric Germain. Sur les trottoirs, la pente autorisée est de 2 %. Dans les faits, elle est souvent supérieure. »

Autre difficulté, monter sur les trottoirs. L’accès au bateau doit se faire à 0 cm, sans aucune marche. Dans la majorité des cas, quelques centimètres de béton rendent l’exercice périlleux. J’effectue un petit mouvement de bascule en arrière puis pousse avec les bras. Au bout de plusieurs essais le geste est maîtrisé. Chaque trottoir est une épreuve. 

Des commerces inaccessibles

Après vingt minutes de périple, le groupe arrive devant un bâtiment du Conseil Général du Tarn. Pour y accéder, il faut grimper un escalier de plus d’un mètre. Impossible. 500 mètres plus loin, c’est la route commerçante qui nous offre bien des obstacles. Sur chaque palier, une marche nous bloque l’accès. Pas de sonnette pour s’annoncer. Nous sommes condamnés à rester bloqués devant les magasins.

"On veut juste vivre comme tout le monde"

En insistant, les membres de l’APF arrivent à dialoguer avec les commerçants pour les sensibiliser. «C’est la loi, chaque commerce en France doit être accessible au moins avec une rampe d’accès, souligne Jean-Michel Guy, directeur territorial des actions associatives de l’APF. On veut juste vivre comme tout le monde et pouvoir consommer sans galérer. »  

Phillipe Pandord, patron d’un magasin de vélos, reconnaît la difficulté pour entrer en fauteuil dans ses locaux : « Le problème, c’est que pour les petits commerces, ces investissements sont trop lourds. Je ne peux pas me permettre de dépenser plusieurs milliers d’euros pour une mise aux normes. Une sonnette semble être un bon compromis. »

Toujours être attentif

Après deux kilomètres, l’expérience se termine. Une petite cloque apparaît sur mon pouce à force de pousser. La journée a été physique. Je récupère ma veste et remarque qu’elle est noircie à cause du frottement avec les roues. « Il faut toujours être attentif, ironise Jean-Michel Guy. Le pire, c’est quand on se retrouve avec des chewing-gums et une crotte de chien collés dessus. »

Le long du trajet, les membres de l’APF ont relevé toutes les situations à problème.Celles-ci auraient dû être mises aux normes depuis le 1er janvier 2015.   source : ladepeche.fr