Samedi, à 17 heures, à l'espace Victor-Hugo, une conférence sera donnée sur la Résistance par Jacques Galinier, organisée par Saint-Juéry Patrimoine.

Comme tous les enfants de son âge, le petit Jacques Galinier menait à 11 ans une enfance insouciante auprès de sa mère buraliste à Pont-Saint-Esprit, dans le Gard. Il y fréquentait la communale. Les temps n'étaient certes pas aux réjouissances : son papa, prisonnier en Allemagne d'août 40 à février 43, s'était engagé dans la Résistance et lui avait rendu une visite inattendue. Malgré les précautions, l'ennemi connaissait cette situation. Et quand cette voisine de sa mère est venue en toute hâte frapper aux carreaux de l'école, suppliant l'instituteur de laisser sortir l'enfant en lui demandant de rejoindre sa mère immédiatement.

L'instinct de survie

Jacques n'a pas eu besoin d'en savoir plus pour comprendre la gravité de la situation.

S'emparant du vélo d'un copain, le voilà en trois coups de pédales auprès de sa mère. Celle-ci a accumulé les biens les plus précieux qu'elle ait pu réunir dans un sac de provisions. Ils fuiront sur le champ la Gestapo. Mado, sa mère, lui demande de partir de son côté, comme s'ils ne se connaissaient pas. Il ira rejoindre sa tante en Avignon. Voilà comment, en ces périodes troubles, l'instinct de survie vous sublime. Si Jacques Galinier et sa mère durent fuir, c'est que Casimir, leur père et mari, était devenu Armagnac, responsable de maquis, chef de l'armée secrète.

De l'aplomb

Trois quarts de siècle plus tard, ému aux larmes lorsqu'il revient sur cette triste période, fier du rôle éminent qu'a joué son père. Il se souvient encore avoir été menacé par un membre de la Gestapo installé à la citadelle de Pont-Saint-Esprit, où il habitait.

Il avait tout compris de l'engagement de son père qu'il connaissait à peine et qui s'était réfugié dans la clandestinité.

Le jeune garçon avait eu l'aplomb de répondre à cet officier allemand : «Mon père est prisonnier en Allemagne, Monsieur, pouvez-vous me donner de ses nouvelles ?». Ancien pilote colonel de l'armée de l'air, Jacques Galinier livrera l'histoire passionnante du groupe Armagnac, le nom de guerre de son père, et de la résistance tarnaise.    source : ladepeche.fr